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La place de la vie relationnelle et sociale dans la société japonaise (partie 1)

Si vous commencez la lecture de cet article alors j’en déduis que son titre et les sujets qui en découlent vous ont plu. Sachez que durant la rédaction de ce dernier, vous aurez accès à toutes mes recherches, mes sources ainsi que les applications et sites qui m’ont été utiles. Je n'en fais en aucun cas la promotion mais pour que vous puissiez réitérer l’expérience ou bien même l’approfondir je ne manquerai pas de les citer. C’est donc durant mes années universitaires en LLCER spécialisation japonais que j’ai - pour un travail de groupe - traité ce sujet: "L’hypersexualisation de la société japonaise et sa vulgarisation systématique dans les médias tel que les mangas et les animes influent t-elles sur la démographie locale et sur la jeunesse dans sa généralité". Vous l’aurez donc compris le sujet est vaste et c’est pourquoi j’essaierai d'en traiter le maximum tout en m’appuyant sur des échanges avec des natifs-ves aux âges différents afin d'avoir un point de vu large et concret. L’article sera divisé en plusieurs parties pour bien comprendre chacun des points et ne pas pondre quelque chose d'imbuvable et de non-sens. Et en voici la première partie !

QUELLE EST LA PLACE DE LA VIE SOCIALE DANS LA SOCIÉTÉ NIPPONE ?

L’éducation joue t-elle sur le désir de l’amour ?

Pour commencer, il faut comprendre ce qui anime la vie d’un japonais lambda qui vit selon les traditions locales. Nous allons l’appeler Makoto, alors on dit tous おはようà notre nouvel ami !  


Oui c'est Makoto, et il a des yeux soleil.


Makoto va donc aller à l’école de ses trois ans à ses dix-huit ans et il n’aura pas fini car ensuite viendra l’université. Si vous pensez que tout ceci ressemble à notre système éducatif et scolaire alors vous n’avez pas tord. Cependant, il ne s’agit que d’une façade. En effet, les enfants subiront lors de leur scolarité une pression énorme de la part de la société et de sa famille. Makoto va donc vivre ses dix-huit années où l’échec est très souvent synonyme de suicide et l’élitisme étant son moteur. Il va par la suite développer un sens de la rigueur et du travail sans faille qui fera de lui un bon élément dans la culture de la soumission bien connu du Japon. Bien loin de là à critiquer le système nippon nous pouvons tout de même faire un constat; Makoto n’aura pas de temps à consacrer à lui-même en tant qu’homme et en tant que personne possédant un cœur et des émotions. J’hyperbolise bien évidemment mais pour lui, il ne sera pas question de se distraire de par des relations amoureuses.

Arrivé à la fac, cette pression compétitive continuera forcément et s’achèvera sur un diplôme. Alors notre jeune homme sera sans nul doute fier de lui mais pas comme nous pourrions l’être. Pour lui, il n’avait que le choix de réussir et sa victoire n’en est que “normale”. Cependant, en sortant de toutes ses études que fera t-il ? Il travaillera, oui. Puis comme pendant son adolescence il ne s'intéressa pas aux liens qu’il pourrait tisser avec des collègues, des amis-es. Le boulot, le boulot, le boulot: c’est ce qui résonnera dans sa tête.

Quels sont les moyens mis en place par l'état japonais pour contrer ce système profondément ancré dans la vie des citoyens nippons ?

Si vous êtes friand d’animation japonaise vous avez certainement vu des animes slice of life / school life / romance scolaire, dans ce genre d’oeuvre vous avez certainement également vu qu'il s’agit, pour la plupart du temps, de jeunes adultes qui - encore à l’école - cherchent l’amour indirectement. L’anime ReLife traite parfaitement ce sujet: un adulte n’ayant pas assez profité de sa jeunesse et n’ayant si peu agrémenté sa vie sociale qu’à 27 ans ce dernier se retrouve seul sans bonheur particulier. Au travers de ces animes et mangas ou bien même des dramas, ces derniers tentent de donner aux lecteurs l’envie de réussir aussi bien leur vie intime que professionnelle. Ce qui manque cruellement à l’heure actuelle et très souvent, cela montre que aimer quelqu’un peut permettre de se motiver encore plus. D’autres éléments se retrouvent aussi dans ces médias. Dans la plupart des shonens, on en déduit que le personnage principal doit s'entraîner et ne jamais baisser les bras pour réussir mais aussi que le soutien de ses proches est inévitable. “Seul je suis fort si je me tue à la tâche, mais je le suis encore plus si j’ai quelque chose à protéger.” C’est cette philosophie qui en découle. Bien évidemment, des tas d’autres philosophies et certaines très sexistes sont également visibles au travers des animes. Pour ce qui est du sexisme dans la société japonaise, j’en ferai un article pleinement dédié.  

Je tiens également à souligner que jusqu’à présent je ne parle que de relations amoureuses sans évoquer la place de la sexualité et de ce qui s’approche de près ou de loin à la tentation charnelle. C’est un des sujets fondamentaux de cette série d’articles et j’y reviendrai dans la suite de cette série.

Pour résumer…

… Nous devons bien comprendre que le japonais natif vit avant tout pour sa réussite professionnelle quand nous, occidentaux, vivons pour la réussite sociale. La nuance peut-être assez compliqué à cerner mais elle n’est pas à négliger. Quand Dylan ou Charline pensent à leurs vies futures, du nombre d’enfants qu’il ou elle voudront avoir et bien Makoto pense à son poste et sa place dans la hiérarchie de son entreprise afin d’honorer le nom de sa famille. Cette idéologie, bien que productif sur le plan visible, est en fait un cercle vicieux dont l’état nippon souhaite se débarrasser afin de pouvoir résister à sa chute démographique sans précédent. En effet, d’un point de vue strictement économique et démographique on peut s’apercevoir que le taux de natalité est très bas (1.43 enfants par femme) ce qui en fait le plus bas du monde. Selon les experts, si le Japon ne connaît pas de croissance d’ici mille ans, il sera alors complètement dépeuplé. Pour donner une autre explication à tout ça, tout aussi vrai que le reste: le désintéressement au mariage et à la vie de couple joue contre la croissance. En effet, dans un pays où les mœurs sexistes étaient les suivantes: l’homme travail, la femme s’occupe du foyer. Et bien il n’est plus envisageable. Les femmes se retrouvant au célibat sont donc obligées de travailler sans cesse et les hommes de leur côté font donc la même chose. Cet enchaînement est catastrophique et le Japon essaie de s’occidentaliser le plus possible mais la crainte de perdre leur valeur culturelle est si grande que la progression est lente et chétive.

QUESTION POUR VOUS: Pensez-vous que la vie professionnelle peut combler le manque relationnel ? Pour être plus explicite, l'amour est-il facultatif pour vivre heureux ? 


Sources: rfi.fr, festival-ecole-de-la-vie.fr, et un peu de Wikipédia pour certains thèmes mais avec précaution. 

Cette première partie s'achève et malgré la rapidité dont j'ai abordé quelques sujets il faut comprendre que c'est en soit l'introduction ou même l'incipit. Tout sera approfondie dans la suite. J'espère que ce dernier vous aura plu et qu'il vous fera réagir dans les commentaires. J'adore les lire et y répondre ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas écrit ! Dans les prochains articles sur le sujet: j'illustrerai les arguments et conclusions par les résultats d'échanges avec des natifs et natives du pays au soleil levant. Ceci est actuellement en cours et grâce à deux applications gratuites TINDER (réservé aux personnes majeures), et HELLOTALK  (une application d'échanges linguistiques) ainsi que de la correspondance classique. 



Publié le par Eruuda avatar
Commentaires
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Joulious
9 juillet 2019 à 09:48


Super article pour une personne lambda qui ne connait pas grand chose de la société au Japon. Hâte de lire la suite :)

IzuruKomaeda
28 juin 2019 à 01:24


Impatient de voir les prochains articles, c’était très intéressant.

Pour répondre à la question :
On ne peut pas être heureux rien qu’en travaillant et sans ne rien aimer, puisque sinon on ne travaillerait même pas. Même Makoto ne travaille pas juste pour le plaisir de travailler, mais pour faire honneur à sa famille, donc il aime sa famille. En somme, l’amour (pas forcément l’Amour avec un grand A, juste le fait d’aimer) est obligatoire pour vivre, même malheureux.
Eruuda
29 juin 2019 à 10:58
Merci d'avoir apprécier mon torchon qui se veut être un article, ahah !

Pour te répondre, ton point de vue rejoint le mien, l'amour est une source d'inspiration dans la vie et de motivation personnelle !

mathieu39
26 juin 2019 à 23:12


Très bon article j'attend la suite avec impatience^^
Eruuda
27 juin 2019 à 02:35
Merci, j'espère que la suite te plaira tout autant.

Pyro-sama
26 juin 2019 à 21:14


C'était sympa à lire, hâte de lire la suite :), pour donner mon avis à propos de la question "l'amour est-il facultatif pour vivre heureux ?" Je pense que pour bien vivre et profiter de la vie il faut aimer quelque chose, même si c'est pas un être humain il faut aimer pour apprécier un minimum ce qu'on vit. Après le personnage de Makoto me fait un peu penser à un robot qui agit "parce que c'est comme ça", ça n'a pas l'air super de vivre comme ça... 0_0
Eruuda
27 juin 2019 à 02:38
Merci d'avoir apprécié cette introduction ! Oui, Makoto est dans le rôle stéréotype du japonais exagéré.

Sinon, j'apprécie ton point de vu sur la question. Il reprend un peu le code du shonen finalement. Sans objectif, pas de motivation.