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COMMENT FAIT-ON UN ANIME ? Partie II : L'industrie a besoin d'évoluer, et vite

Cet article est le deuxième (et dernier) volet de mes articles sur le monde de l'animation japonaise. Dans la première partie on s'intéressait beaucoup à l'argent et au financement, histoire de comprendre les enjeux et le marché de l'animation japonaise.

Dans cette deuxième partie, on s'attaque réellement à l'envers du décor ! On va parler comité de production, animation et conditions de travail. Un sujet assez lourd et pas super joyeux. En effet, comme dit dans le titre : telle que l'industrie de l'animation japonaise est à l'heure actuelle, elle n'a pas de futur. Elle a besoin d'évoluer, et vite.


Qui sont les personnes derrière mon anime préféré ?




Ci-dessus, voici un schéma qui explique avec facilité comment se passe la production d’un anime en détails. Comme vous pouvez le voir, il y a quatre grandes parties que nous allons voir dès maintenant ! Si vous avez vu Shirobako, vous savez déjà tout ce qui va suivre, si vous ne l’avez pas vu, je vous le conseille ! Cet anime de 24 épisodes raconte les coulisses de l’industrie de l’anime, sans la romancer. Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas !

La première partie est l’étape de pré-production, il s’agit de tout préparer pour la production de l’anime : on regarde ce qu’on va adapter, combien de volumes, on monte l’équipe qui s’occupera de l’anime et on prépare les character-design. On crée alors le planning, et le projet se concrétise.



Voici un exemple de chara-design, on dessine le personnage sous tout les angles afin que les animateurs aient une référence.


On passe alors à la production ! On commence par écrire le script, tout ce qui se passera dans chaque épisode et le déroulement de l’anime. Les scripts sont alors relus par le producteur, le directeur et parfois (ce n’est donc pas toujours le cas), l’auteur original, dont l’anime sera l’adaptation, pour voir si l’histoire ne va pas partir en cacahuètes.

Et ensuite, c’est le story-boarding. C’est long. Un épisode d’anime en compte généralement 300, c’est 300 dessins à réaliser. On fait un brouillon de chaque plans où on détaille les décors, les personnages… L’anime commence à prendre forme !

Ci-dessous on peut observer des story-board du très bon Durarara!!, comme vous le voyez, c’est très brouillon et cela servira juste à orienter les dessinateurs sur ce qu’ils devront réaliser et donc entrer dans le vif du sujet.

Voici des story-board ! C'est très brouillon, chaque case correspond à un plan et à droite on met des petites annotations.


Vif du sujet qui est : la production ! La plupart des anime réalisé dans les studios sont traditionnellement fait à la main (voir tous, seules quelques exceptions existent), cela implique que chaque dessin est donc réalisé à la main. Chaque animateurs se voit donc attribuer un certains nombres de dessins à faire. Et fait assez étonnant : les animateurs ne sont pas tous vraiment doués en dessin. Les scènes clefs ou “key animation” sont données aux meilleurs dessinateurs, ce sont les scènes auxquelles il faut donner un soin extrêmement particulier car elles sont très importantes pour l’anime. Un animateur français du nom de Thomas Romain, qui travaille au studio d’animation Satelight (Shugo Chara!, Log Horizon, Macross…), a répondu à quelques questions où il parlait notamment du fait que si tu étais travailleur, tu pouvais devenir animateur sans forcément avoir un don pour le dessin. Faute aux timings très serrés, les studios manquent très souvent de dessinateurs et peuvent parfois se rabattre sur des dessins d’une qualité assez médiocre pour ensuite les corriger dans la version bluray.




 Je pense que vous vous rappelez tous ses merveilleux plans de Dragon Ball Super ? Voici ce dont je parle. Beaucoup de personnes avaient descendu le studio, et je le comprend entièrement parce que c’était vraiment, très très moche. C’est exactement de quoi je parle, les studios doivent absolument tenir les délais, ce qui veut dire que parfois, s’obliger à rendre des dessins comme celui-ci et rattraper tout cela pour la version bluray de l’anime.



Voici un autre exemple de l’anime Ore, Twintail ni Narimasu, devinez quelle est la version TV, et laquelle est la version bluray.


Un rôle très important dans la production d’un anime, le directeur d’animation ! Contrairement à ce qu’on peut penser, son rôle n’est pas simplement de tout superviser (enfin si, mais pas comme vous l’imaginez), son rôle est de donner une certaine cohérence à l’anime. Il doit valider les dessins, et corriger tout ce qui ne va pas. Les dessins étant fait par de nombreux dessinateurs différents, l’anime doit quand même garder une certaine cohérence pendant tout son long, le directeur d’animation est indispensable dans ce processus.

Une fois que nous avons toutes nos images, il faut maintenant les digitaliser ! On les colorie enfin (à l’ordinateur). On met tout en place : les décors, la 3D s'il y a besoin (souvent utiliser pour les machines), les effets (comme la lumière, les flous…) et une fois tout cela fini : on l’envoie en post-production !

En post-production, c’est là où sont rajoutées les voix des seiyuus, les bruitages, les ost et autres… Et c’est fini ! L’anime est prêt à être envoyé à la chaîne de télé et diffusé. Comme dit plus haut, des corrections seront sûrement faites pour la version bluray : on soigne l’animation et corrige les petites erreurs.

 Travailler dans l’animation a souvent été un rêve pour les fans d’anime. Pouvoir travailler dans l’envers du décor semble être un privilège, pourtant, la réalité rattrape assez vite la fiction et on y découvre des conditions de travail absolument inhumaines, des horaires sans fin, pour beaucoup de gens, ce métier peut vite basculer en cauchemar.



Extrait de Shirobako


Le côté obscur des anime :


 J’ai mentionné plus haut Thomas Romain, il s’agit d’un français passionné d’animation qui a déménagé au Japon pour un projet d’animation. Il s’est installé définitivement dans ce pays et a été embauché par la suite à Satelight où il y travaille maintenant comme animateur. Son point de vue occidental sur la situation des animateurs au Japon nous fait découvrir l’horreur qui s’y trouve.

Il décrit comment il a été choqué par ses conditions, la paye d’un animateur est assez maigre et la plupart sont pauvres, passent la journée à leur bureau à dessiner et sont célibataire parce qu’ils n’ont pas assez de temps (ou d’argent) pour fonder une famille.

Les animateurs doivent jongler avec une énorme montagne de travail et un timing extrêmement serré pour le réaliser, cette situation apporte forcément un stress important qui serait difficile à supporter pour beaucoup de personnes.

Les studios sont ouverts 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Vous devez vous donner entièrement à ce métier car il n’est pas rare de recevoir des emails durant la nuit et de devoir venir à des réunions le soir ou pendant les week-ends.

Il dit avoir été surpris par l’efficacité des japonais, qui peuvent accomplir des tâches impossibles en un court laps de temps quand ils n’ont plus d’autres possibilités. Extrêmement diligents, les japonais peuvent accepter du travail en plus même s'il aurait été plus raisonnable pour eux et leur santé de le refuser. La mentalité japonaise fait passer la réussite de l’entreprise devant eux, cette mentalité peut être parfois difficile à comprendre pour des occidentaux. Il peut en effet être assez dérangeant de voir des japonais venir travailler tout en étant malades, ou passer des jours et des jours sans quitter leur lieu de travail.

Les locaux du studio d'animation Satelight.


Thomas Romain raconte qu’il connaît des personnes qui ne rentrent chez eux qu’une fois par semaine, ou même qui n’ont pas de chez eux : une directrice d’animation vivait au studio toute l’année et utilisait les bains publics pour se laver et les manga café quand elle avait du temps pour se reposer. Ou même un couple marié, une character-designer et un directeur qui dormaient dans des sacs de couchage dans un coin du studio jusqu’à ce que la production soit terminée. Il continue en parlant que la longévité des personnes travaillant dans l’animation n’est pas énorme. Il a déjà vu des gens s’évanouir à son travail, et qu’un de ses amis est mort d’une attaque cardiaque pendant qu’il travaillait dans un studio différent.

La liste de toutes ces horreurs doit être longue, il ne s’agit là que d’un témoignage et le monde de l’animation est vaste. Ces cas ne sont pas rares mais restent souvent discrets, pour ne pas tâcher la réputation du studio.

L’animation est une profession avec laquelle vient beaucoup de stress, ces conditions de travail engrangent beaucoup de retard, il est inimaginable de les avoir encore en 2019 et pourtant, elles sont là, elles existent et sont le quotidien d’un nombre beaucoup trop important de personnes. Le domaine de l’animation japonaise a besoin d’un renouveau, en effet : les studios d’animation occidentaux sont en avance sur ce domaine. Ce qui veut dire qu’il existe possiblement des solutions pour les studios japonais et améliorer le quotidien des professionnels de l’animation japonaise.



Quelles sont les solutions ?


Telle que l’industrie de l’anime est maintenant, elle n’a pas de futur”, c’est ce que disent les leaders de l’industrie de l’animation japonaise. Les conditions de travail des personnes travaillant dans ce milieu, comme vu plus haut, sont ancestrale et n’ont rien à faire dans le 21e siècle. Tous ces accidents de travail et ces burn-out sont dus à une mauvaise gestion du personnel et un manque flagrant d’éthique du travail. La NHK avait réalisé une émission en 2017 qui parlait des conditions désastreuses de travail, c’est dans cette émission que le CEO de I.G. Productions (Shingeki no Kyojin, Haikyuu!!, Psycho-Pass…), Mitsuhisha Ishikawa avait pointé du doigt le manque de compétences en business de l’industrie qui pourtant pourrait l’aider à remonter la pente. 

 En effet, le premier point noir est la rentabilité de l’industrie, bien qu’elle soit énorme (18.2 milliards de dollars), les studios d’animation, pourtant au cœur de la démarche, n’en touchent qu’une toute petite partie.




Voici un graphique représentant en rouge ce que rapporte l’industrie, et en jaune : ce que les studios gagnent. Difficile d’avoir des chiffres là-dessus mais nous nous doutons bien que c’est ridiculement minuscule. Et pour cause : ce sont souvent les comités de production qui s’en sortent le mieux et récupèrent une marge des ventes de goodies et de bluray. Les personnes travaillant dans les studios se retrouvent alors avec des payes petites, ne permettant pas de vivre convenablement. Souvent payé au dessin, les employés se retrouvent donc à dessiner, dessiner et dessiner sans relâche pour gagner de quoi vivre.

 Cette situation durant depuis des années, personne n’a l’air de s’y attarder plus que ça. Alors que pourtant, il existe bel et bien des solutions pour tout cela : le studio d’animation Kyoto Animation est reconnu non seulement pour ses excellentes production (K-On!!, Violet Evergarden, Free!, Kobayashi-san…) mais aussi pour son éthique du travail. La différence entre Kyoto Animation et les autres studios, c’est que KyoAni salarie ses animateurs. Ainsi, au lieu d’être payé à la page, les employés du studio reçoivent une paye du même montant tous les mois et peuvent donc travailler sur leurs dessins sans la pression du revenu.



Koe no Katachi, un exemple de l'excellence de KyoAni.


 L’amélioration de l’éthique du travail et des salaires des animateurs restent les principales alarmes du milieu. Des meilleurs contrats avec un taux plus élevé des pourcentages sur les revenus aideraient énormément aussi, logiquement. Mais un autre problème montré très souvent du doigt aussi est la masse immense d’anime produite à chaque saison. Une masse tellement grande qu’il est humainement impossible de pouvoir tout suivre. Et si on se calmait ? C’est la solution principale qui a été donné au spécialiste CG Masamune Sakaki quand il a demandé à ses abonnés twitter des idées pour améliorer l’industrie de l’anime. Cette abondance d’anime à sortir, et donc à créer répond à la demande grandissante de contenus, cependant, nous pouvons nous demander si les choses ne sont pas devenues hors de contrôle et si elles sont vraiment là et ont été réfléchies pour répondre à une demande ou si au final, maintenant il s’agit juste d’une course à la survie. Où chaque studio enchaîne et enchaîne les productions (qui se ressemblent quand même pas mal, faute de ne pas vouloir jouer la carte de l’originalité pour beaucoup) et tente seulement de survivre dans la marée d’anime qui nous inonde chaque début de saison. 

 “Arrêtez de vouloir répondre à la demande spécifique et toucher un public de niche à chaque anime, et simplement faire des choses qui vous plaise”, c’est le deuxième reproche souvent fait à l’industrie de l’animation japonaise. Et pour cause, les blockbusters qui ont fait rapporté le plus à l’animation japonaise ne sont-ils pas des œuvres qui se démarquaient ? L’animation japonaise a pourtant souvent peur de se lancer, par peur de l’échec et de la faillite. Le studio gagne tellement peu que un flop pourrait être fatal pour celui-ci… Pour éviter ça, le choix est toujours et encore de se reporter sur des “valeurs sûres” avec des recettes que nous connaissons et qui marcheront.



Disclaimer  : je ne dis pas qu'aucun ne vaille le coup et qu'il faut brûler tout ces anime, mais je déplore un manque de diversité qui donne la part belle à ce genre d'anime.


Pour résumer tout ça, l’industrie de l’animation japonaise a de sérieux problèmes avec son personnel et ses revenus. Des initiatives comme celles de Kyoto Animation sont les bienvenues dans cette industrie où chaque petite avancée comptera pour aider au mieux les animateurs. Et surtout, une demande de qualité se fait entendre, beaucoup de gens trouvent qu’il y a trop d’anime, et qu’ils sont là juste histoire de faire des anime. Les amateurs de l’animation japonaise semblent se plaindre de plus en plus de l’uniformité des productions du moment et attendent des prises de risques des studios d’animation.

 Le monde de l’animation japonaise est quelque chose qui fait rêver, peu importe quand est-ce que nous l’avons découvert, il s’agit d’épisodes et de séries qui nous ont touché et que nous avons aimé (ou détesté peut-être pour certaines autres séries). Malheureusement, l’envers du décor reste quelque chose de sombre et de très dur pour les personnes qui participent à cette incroyable machine. Le savoir nous fait prendre conscience de l’immense travail qu’il y a derrière et nous permet de mieux comprendre le pourquoi du comment, afin d’apprécier au mieux les perles quand on les trouve.




Publié le par SHIHORY avatar
Commentaires
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UNROUMAINSANSVIE
11 juin 2019 à 20:14


j'ai trouvé ton article très bien écrit, et intéressant !
Aussi bien entendu, il serait intelligent de faire en sorte de ne pas prendre les animés "tendances" trash tiers, mais plutôt de faire une sélection au préalable d'animés originaux, ou même laisser les gens "voter" pour telle ou telle adaptation.
à force de saturation, je pense qu'à un moment, l'on arrivera à un point de non retour, qui pourrait se traduire par un désintérêt.
merci pour la lecture!
SHIHORY
12 juin 2019 à 11:41
Merci beaucoup, ça fait plaisir de lire ça !
Pour continuer sur Kyoto Animation, pour choisir leurs adaptations ils font un concours de light novel et les gagnants se font adapter en anime par le studio. Je pense que c'est un excellent moyen de choisir les adaptations, dans la continuité de ce que tu disais, l'organisation de concours où les gens pourraient voter pour les adaptations des futurs anime serait une bonne idée pour réguler tout ça.

Striikeur
11 juin 2019 à 18:57


Je suis assez d'accord avec ce que tu as dit, chaque saison beaucoup trop d'anime sortent, j'ai beau en regarder en moyenne une dizaine par saison (et je ne regarde pas que les bons malheureusement), je suis d'accord que si on a un minimum de vie sociale à côté c'est impossible d'en voir plus, surtout que certains animes sont vraiment nuls, et même parfois vraiment moche, surtout pour un anime sortie en 2019 (tousse tousse Pastel memories tousse tousse) et je me dis que s'ils étaient sortis quelques mois plus tard ils n'auraient peut être pas été aussi décevant.

Mais sinon encore une fois superbe article ! Je suis triste que ce soit le dernier de cette lignée, mais j'ai hâte de voir tes prochains articles.

Et aussi un grand merci à toi, tu viens d'attiser encore plus la flamme de mon amour pour Kyoani qui était déjà un de mes studios préférés, mais je ne savais pas qu'en plus de produire des animes d'une qualité assez exceptionnelle (cc Hibike Euphonium et Kobayashi-san) ils respectaient leurs employés, comme quoi ce studio est vraiment parfait ( ͡° ͜ʖ ͡°).
IzuruKomaeda
11 juin 2019 à 19:49
Oh mais je te rejoins parfaitement sur Pastel Memories ! J’ai été dégoûté par ce mixe entre Pokémon (oh le méchant s’en va vers d’autres cieux), des trucs niais, des trucs stupides, des trucs de fanservice, et des trucs de n’importe quoi.
Rien à voir avec l’article.
SHIHORY
12 juin 2019 à 11:47
(Tu viens de citer mes deux anime préférés de KyoAni je vois que les grands esprits se rencontrent)
Personnellement cette masse d'anime qui sortent chaque saison me désintéresse de plus en plus, tout se ressemble et on finit vite noyer. Je me concentre juste sur les adaptations de manga/LN que je connais déjà du coup et je laisse tout le reste de côté, trop c'est trop haha.

Oh, merci c'est adorable ! J'espère que mes prochains articles te plairont !

KyoAni best studio.

IzuruKomaeda
10 juin 2019 à 23:50


Au fait, qui se charge de l’opening et de l’ending (le dénicher, l’écrire parfois, faire les dessins) ?
SHIHORY
11 juin 2019 à 10:37
Les étapes de création d'un se font sûrement vers l'étape de production. On embauche un compositeur et quelqu'un pour le chanter, il écrit la chanson et on enregistre en studio. Ensuite il ne reste plus qu'à dessiner les plans du générique par les animateurs (on y apporte un soin très particulier) et hop, ça part en post production où on le rajoutera aux épisodes.
IzuruKomaeda
11 juin 2019 à 19:51
D’accord, merci pour ta réponse

IzuruKomaeda
10 juin 2019 à 23:41


Le problème d’enlever des animes, c’est qu’il y en a probablement qui seront déçus de ne pas en avoir à leur goût.
Mais c’est vrai que les animes inintéressants, mais vraiment, pourraient être virés... le problème est de savoir quels animes peuvent plaire et lesquels seront détestables (faut demander à Nanamine)

En tout cas, merci pour l’article, il est de qualité.
SHIHORY
11 juin 2019 à 10:35
Je pense qu'enlever quelques anime par saison ferait de mal à personne, les personnes pourront être déçues mais même si on en enlève quelques uns , il restera un grand nombre d'anime qui sortiront. Je suis sûre que ce sera toujours assez pour que tout le monde y trouve son bonheur.

Merci beaucoup pour ton commentaire !